dinnerIl fut un temps où l'on estimait que se maquiller et se vêtir avec trop de recherche était déplacé, car tous ces artifices donnaient un air peu comme il faut.

Cette poursuite éperdue d'un aspect jeune, d'un éternel printemps provoquait l'ironie pour peu que l'on dépassait le cap de la trentaine. Même s'il était louable que la femme, en observant les règles d'une hygiène appropriée, en pratiquant certains sports, s'efforce de conserver le plus longtemps possible une silhouette souple et élégante. Aujourd'hui il est de règle que les grands-mères gardent jusqu'aux abords de la soixantaine et au-delà, une certaine grâce juvénile et ont l'air d'être les soeurs aînées de leurs petites filles.

Certains préjugés subsistent cependant. Et pour les citadins se rendant à la campagne notamment, il est préférable qu'ils se montrent réservés dans l'usage de tous ces artifices. Les moeurs y étant plus simples et les règles de vie plus rigides, les gens n'y comprennent pas le but de tout cette "sophistication" et d'aucuns pourraient s'en offusquer. Ne condamnons pas, sans plus, cette conception et ne l'appelons pas étriquée, ridicule, "provinciale". C'est précisément dans les petites villes et à la campagne que se développe, depuis des siècles, une petite bourgeoisie, née presque directement de la paysannerie et qui fournit constamment à l'élite du pays dans les grandes villes les éléments nécessaires pour se renouveler. Cet apport continu de talents et de caractères (NDLR: comprenez "matière fraiche") ne serait pas possible, s'ils n'avaient l'occasion d'éclore dans un milieu sain, sévèrement ordonné (NDLR: comprenez "étriqué et ringard, provincial") et d'y croître, ce qui ne serait pas concevable dans une société privée de certaines finesses morales.

NDLR: ce texte est largement inspiré d'une source datant d'un siècle; et ne dirait-on pas que les même préjugés sont toujours présents, même s'ils s'expriment différemment?

Bonne journée ! ^^