mars

Notre planète ne nous suffit plus ; et comme la Lune c’est pas drôle, notre regard se porte sur Mars où il paraît qu’on va trouver de l’eau et qu’on va produire de l’oxygène. Donc… ce sera notre première colonie après les Amériques et l’Australie.

Evidemment, c’est plus loin. Quoique, quand on y songe, à l’époque des bateaux à voiles, on n’y était pas en quelques jours, hein, dans les colonies. Et les bagnards envoyés peupler les terres lointaines n’ont jamais espéré revenir non plus.

Et voilà que des siècles plus tard, plus de 200.000 personnes se disent prêtes à prendre un aller simple pour Mars. Mais là il s’agit de bénévoles : aucune condamnation au bagne, aucune guerre de religion ne les oblige à filer s’installer au loin.

J’essaie d’imaginer les motivations de ces 200.000 personnes originaires de 140 pays qui ont demandé à pouvoir faire partie du groupe d'éventuels premiers colons de la planète Mars, pour un voyage sans retour. J’essaie également d’imaginer ce voyage de sept mois pour effectuer un aller simple vers Mars, prévu pour 2023.

Dans cette Arche d’un nouveau genre, se retrouveront entassés les uns sur les autres des Yankees, des Indiens, des Chinois, des Brésiliens… Enfin, on se limitera pour commencer à six à dix équipes de quatre personnes qui subiront un entraînement complet avant d’être éjectés en 2023 vers la planète rouge.

Ce projet, d'un coût de 6 milliards de dollars selon Mars-One, fait de nombreux sceptiques quant à sa faisabilité. Mais, sincèrement… qui peut rêver de s’enfermer dans une capsule SEPT mois avec de parfaits étrangers assez asociaux pour décider de tout quitter pour s’envoyer… en l’air définitivement. Sacré huit clos, en tout cas. Je suppose qu’on va rentabiliser la mission par des émissions télé ; cela fera un sacré lonnnnnng moment de télé-réalité, ça. Montreront-ils le moment où ils s’entre-boufferont, et le bouquet final quand la capsule sautera ?

Imaginons qu’ils arrivent quand même sur Mars (les drogues distillées dans leurs boissons ont calmé leurs pulsions criminelles, tout va bien, ils planent)… ils montent leurs tentes en aluminium, dressent le drapeau américain (quoi ? vous pensiez voir pendouiller le drapeau belge sur Mars ? pas fou, le Belge, il est bien ici, merci)… et puis ? Ben, personne ne le saura : Le téléspectateur lassé par sept mois de non-action aura changé de chaîne depuis longtemps. ZAP !

J’espère que les cailloux ont bon goût sur Mars : moi je serai attablé devant mon moule-frite et mon vin blanc, entouré de mes amis, et ptêtre que j’aurai une pensée pour ces dingues qui auront renoncé à tout ça. Ou pas…