compliment

En cette période matérialiste, où tout le monde est sensible à l'image du corps, aux canons de beauté de plus en plus figés et secs… le corps, enveloppe sans importance de l'âme jusque là, s'est soumis à la révolution du fitness jouissif et à la maîtrise du moindre centimètre carré de peau : pour être bien dans son corps, sois "slim" et éventuellement "clever" (mais c'est moins prioritaire). Oui, je fais mon JC VD, si je veux.

Ce corps qui nous lâche parfois, et que même les adeptes du canapé-bière-tv comme sport de l'extrême savent sensible aux shoots d'adrénaline et autres hormones libérées par l'effort... et que cela fait du bien à l'esprit.

Entre le dualisme corps-âme méprisant d’hier (garde ton corps en vie comme réceptacle de ton âme qui seule importe) et l'hédonisme de rigueur aujourd’hui (soigne ton corps, tu te sentiras bien), c’est une même chose que nous essayons de gérer : ce lien complexe entre la matière et ce qu'elle transporte, cet étrange "moi", "nous"…

Rappelez-vous la première fois que l'être désiré vous a complimenté : même si vous êtes de nature sceptique, à ce moment-là vous vous êtes senti bien dans votre peau; quitte à douter de la qualité/franchise dudit compliment par la suite.
Et ce corps complimenté vous étiez peut-être même aussitôt prêt à le laisser pêcher, se perdre, toute défense abattue par ce petit mot doux... Et tant pis pour l'âme...

Dans les périodes où l'on se sent mal dans sa peau, accepter son corps, ne pas être sensible à la critique quand on veut néanmoins plaire… Tâche difficile. Car plaire c'est vital; plaire c'est être sûr d'être complimenté et de se sentir bien dans cette peau, dans ce corps.

Dès lors la recherche du compliment pourrait-ce être un moyen de concilier l'âme et le corps? une manière de se sentir bien dans cette "enveloppe de l'âme"?
J'y songe quand j'en vois certains courir après le moindre compliment, la moindre félicitation, et s'en gorger des heures durant.

Alors, faut-il faire la part entre le vrai et le faux dans ce qui est dit? Sur le moment ou plus tard, après avoir joui du moment de félicité qu'entraîne ce mot doux à nos oreilles?

La solution d'un problème rencontré dans la vie dépend grandement de la manière de le vivre, et qui, parfois, fait disparaître le problème : il n'a pas été éliminé, il a disparu, on ne le voit plus. Les compliments, aveuglements offerts ou vérités révélées, aideraient à occulter des problèmes mineurs (notamment quant à notre physique, mais pas que ^^) et donc à les surpasser?
Oui, si l'on décide d'y croire, et de ne pas tout décortiquer quant aux intentions du complimenteur.

Je me suis égaré aujourd'hui, non? Ce doit être un effet du soleil : je tenais à remercier mes complimenteurs occasionnels et réguliers… c'est tout. Et surtout, laissez une chance aux complimenteurs, si ce n'est pas votre tendance naturelle : en ce début d'hiver, cela vous fera l'effet d'un rayon de soleil sur la peau frigorifiée. Et peut-être que les complimenteurs, comme les amants, devraient être remboursés par la sécurité sociale...

Bon weekend!